place félix éboué

Place Félix Eboué

Les réaménagements urbains ont été nombreux sous la houlette de Anne de Paris et malgré son départ prochain de l’Hôtel de Ville, plusieurs d’entre eux se poursuivront au grand dam des Parisiens pourtant excédés des nuisances sonores et autres difficultés de déplacements que ce genre de chantiers entraîne.

Trois grandes places parisiennes font depuis peu l’objet de gros travaux : Place Félix Eboué dans le quartier Daumesnil (XIIème Arrdt), Place Denfert-Rochereau dans le XIVème Arrdt et Place du Colonel Fabien (X et XIème Arrdt). Cela vient ponctuer ce tour-de-Paris-des-places-à-redessiner déjà engagé sous la mandature de Bertrand Delanoë et qui vient parachever la transformation écolo-pas-rigolo du Tout Paris. Exit les voitures polluantes ! Place aux piétons, vélos et autres trottinettes !

Place Félix Eboué

Pourquoi pas après tout. Il faut vivre avec son temps et force est de reconnaître que les déplacements, notamment professionnels, sont devenus de moins en moins utiles au fur et à mesure que s’installait la dématérialisation de l’économie. La période COVID a d’ailleurs révélé qu’avec la mise en place du confinement, beaucoup de métiers du tertiaire permettaient aux salariés de continuer à travailler de leur domicile pour peu que la connexion internet était suffisamment fiable.

Bien sûr, cette transformation durable de Paris nécessitait un changement des mentalités et une approche différente des déplacements urbains dans la ville la plus visitée au monde. Elle impliquait aussi un renforcement des transports publics (bus, métros) en augmentant l’offre et en la diversifiant.

En outre, dès lors qu’il est expressément demandé aux Parisiens de ne plus recourir à la voiture (y compris électrique), il devient urgent d’offrir des services de proximité, des commerces d’appoint permettant à chaque Parisien de pouvoir satisfaire des besoins aussi primaire que se nourrir, se vêtir, s’équiper etc…

Or, et c’est bien là que le bât blesse… Depuis maintenant une bonne dizaine d’années (bizarre cela correspond à la période socialiste dite de l’effondrement…), le nombre de commerces à Paris a une fâcheuse tendance à baisser de façon constante. Ainsi, les commerces et autres services commerciaux ont baissé de 4 % entre 2000 et 2023 (source APUR) avec comme principales baisses :

  • l’équipement de la personne soit – 19 %
  • l’équipement de la maison soit – 41 %
  • la culture et les loisirs soit – 20 %
  • la brasserie soit – 10 %

La mise en place du télétravail dans bon nombre d’entreprises a bien évidemment aussi perturbé les comportements de consommation des parisiens et par voie de conséquence a entraîné globalement une baisse du chiffre d’affaires des restaurants et autres brasserie qui, couplée à une baisse de la marge en raison de l’augmentation des coûts de matière première, les a mis en difficulté.

Ce qui est moins évoqué par l’équipe actuelle à la Mairie de Paris, c’est pourtant la désorganisation des voies de déplacements au sein d’une ville où il est devenu compliqué de circuler et les nuisances liés au travaux dont la durée longue a incité bon nombre de Parisiens à choisir l’exode en province plutôt que rester dans une ville où, pour couronner le tout, il est de plus en plus cher de vivre. La Ville-Lumière a ainsi perdu 140 000 habitants depuis 2011… Quant aux commerces directement impactés par cette mauvaise politique, bon nombre d’entre eux n’y ont pas survécu en raison notamment de l’absence d’indemnisation de la part de la mairie.

On ne fait pas d’omelette sans casser des oeufs. Soit. Mais il est vraisemblable que cette dimension là n’a pas été évoquée par une équipe trop soucieuse de son idéologie pastèque (écolo à l’extérieur, coco à l’intérieur…) que du bien-être des Parisiens. Pire, en accueillant massivement des migrants et en leur réservant des logements sociaux sans réelle contrepartie, mais toujours la main sur le coeur et la larme à l’oeil, ils ont créé une totale incompréhension et un sentiment d’injustice avec des Parisiens qui, au quotidien, galèrent pour vivre dans une ville dont on peut penser qu’à ce rythme, elle deviendra le repaire d’une « élite » ayant les moyens de se payer ce luxe.

Il est désormais temps de changer de politique.

P.MAGNERON

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