MORANDINI OU L’ABSENCE DE MORALE
A moins qu’il ne s’agisse de CNEWS, ce qui est, à mon sens, encore plus grave.
Faire preuve de soutien, de fidélité auprès d’un proche que l’on sait en difficulté est une attitude noble à bien des égards. Et disons le de moins en moins répandue de nos jours.

Maintenir à l’antenne un individu dont la condamnation judiciaire est définitivement prononcée dans le cadre d’une affaire sordide de corruption de mineurs relève du suicide médiatique et nous interroge sur le « deux poids deux mesures » d’une chaîne habituée à la moraline bien sentie dans le cadre de ses émissions et qui, en l’espèce, semble oublier les « valeurs » dont on pensait sincèrement qu’elles étaient érigées en dogme au sein de leur rédaction.
Le choix de M. Bolloré de maintenir à son poste un déliquant sexuel est surprenant à plus d’un titre. En investissant massivement dans les media avec une ligne éditoriale bien marquée à droite, le président Bolloré incarnait l’image d’une véritable résistance au progressisme, mais aussi au wokisme et autre dérives LGBTQ+++.

Son implantation réussie dans un secteur plutôt orienté à gauche de l’échiquier politique a été permise justement avec des valeurs de défense du Bien Commun, d’une foi religieuse retrouvée et une liberté de ton qui a trouvé rapidement son public.
Même si le pari n’était pas gagné d’avance, le résultat est probant. Et là, patatras. Il se prend les pieds dans le tapis Morandini, longtemps animateur d’une télé-potins (télé-poubelles diront certains), adepte du buzz, de l’outrance verbale, metteur en scène des travers de la vie des gens, appuyant là où ça fait mal. Méchant en somme.
Certains objecteront qu’il ne s’agit juste que d’un retour des choses, que la justice divine a frappé. Soit. Mais son maintien à l’antenne laisse un goût amer. La question n’est pas de s’acharner sur la bête blessée. Encore moins de jouer les petits Saint-just de salon. Juste de remettre la morale et ses fameuses valeurs au centre de la pièce.
Car le malaise est grand. Dans le public tout d’abord qui entend à longueur de journée (et surtout sur CNEWS) les « journalistes » gloser sur l’affaire EPSTEIN et son ampleur internationale, touchant particulièrement les « grands » de ce monde embourbés dans leur fange…
Au sein de la rédaction ensuite. Sonia Mabrouk est la seule pour l’instant à avoir eu le courage de manifester son désaccord avec la direction et son profond dégout. Mais elle est bien seule à pointer l’incohérence des discours moralisateurs et leur mise en pratique.
La route sera décidément bien longue et la croix bien lourde à porter pour tous ceux qui espèrent encore et croient en ce qui nous unit tous : le Bien Commun.
P.MAGNERON
