DUR DUR LA MOBILITÉ DOUCE…
« Salut, c’est pour un sondage… » Vous vous souvenez certainement de ce sketch de Martin Lamotte en baba-cool jouant les sondeurs de palier dans le COLLARO SHOW d’il y a quelques années déjà et qui se concluait, sur un ton souvent dépité, par « Ah dur dur… » comme un rappel à la dure réalité de la vie.
Les cyclistes parisiens pourraient aujourd’hui reprendre à leur compte cette rengaine depuis que les changements de modalités de stationnement opérés par la Maire de Paris en octobre dernier leur rappelle le monde qui sépare la théorie de la pratique.

En théorie, tout se passe bien. Il suffit de prendre son vélo, se déplacer dans cette merveilleuse ville qu’est Paris et se garer dans les endroits réservés à cet effet, endroits ô combien nombreux depuis que la voiture est devenue l’ennemie à combattre par une gauche moralisante et rétrograde.
En pratique, l’affaire se corse. Accrochez vous. Le marché des vélos en libre service remporté par Lime, Dott et Voi pour une durée de quatre ans prévoit une flotte de 18 000 deux-roues. Soit. Les places dédiées aux opérateurs sont en quantité suffisante. Soit. Sauf que depuis le 1er octobre, les règles de stationnement modifiées unilatéralement par Hidalgo la fourbe exigent a minima un niveau d’études bac +12.
Jugez plutôt. Entre un et trois arceaux donc six places de vélo, le stationnement est interdit pour les vélos en libre-service donc ceux mis à disposition par les opérateurs. Entre quatre et cinq arceaux, un seul vélo en libre-service peut alors stationner. De six à huit arceaux, deux vélos. et ainsi de suite… Si l’on applique ces nouvelles règles à l’ensemble du parc parisien, 22% environ des places dévolues au stationnement des vélos en libre-service disparaissent. Aïe, ça pique les pneus…
Qu’à cela ne tienne nous apprend Belliard dit le vert à moitié vide, il suffit d’augmenter le nombre d’arceaux et le tour est joué. Sauf que là aussi, la réalité revient au galop. Les fameuses zones partagées de remisage au nombre de 2500 (surnommées les foutoirs ou décharges écolo) sont déjà elles-mêmes saturées et l’augmentation des places dédiées aux vélos passerait nécessairement par la suppression de davantage de véhicules motorisés. La folie verte a encore de beau jour devant elle…
La réunion de décembre entre la Ville de Paris et les opérateurs a repoussé au printemps les éventuelles solutions à trouver face à un problème créé de toutes pièces par les ayatollahs verts. En attendant, les clients parisiens du libre-service vélocipède grognent face aux difficultés à se garer facilement dans les endroits réservés et au surcoût financier tandis que les heureux propriétaires de vélo grognent, eux, parce que les premiers squattent leurs emplacements de stationnement… Hidalgo et sa clique auront réussi à diviser (pour mieux régler ?) les usagers du vélo. Fallait le faire…
Décidément, ah dur dur…
Le CNIP PARIS ne peut malheureusement que constater cette nouvelle gabegie entrainant le déséquilibre croissant entre les places de stationnement dévolues aux véhicules motorisés au profit des vélos et s’interroger sur la méthode retenue par l’équipe dirigeante actuelle modifiant unilatéralement les règles du jeu, sans concertation aucune.
A quand le changement ?
L’équipe CNIP PARIS
