AIMEZ ET DECOUVRIR PARIS AVEC UN PEU D’HISTOIRE – 6EME ARRDT : ODEON
Avant de rentrer dans l’histoire, Mademoiselle Zelle rentra dans les chroniques judiciaires grâce aux talents qui, malheureusement pour elle, allaient lui être funestes quelques années plus tard.
C’est ainsi que pour la première fois, par la voie de l’Excelsior, journal quotidien paru de 1910 à 1940, nous faisons la connaissance de la plus célèbre espionne du début du XXème siècle dans une affaire de sous et de charme bien évidemment… Comment pourrait-il en être autrement avec Matra-Hari puisqu’il s’agit bien d’elle…

Le 24 décembre 1911 donc, l’Excelsior relate dans ses colonnes la victoire judiciaire de Mata-Hari contre le théâtre de l’Odéon dans lequel elle officiait en tant que danseuse. C’est pour avoir « oublier » de verser ses émoluments que le théâtre de l’Odéon, par son directeur M. Antoine fut condamné à lui verser la somme de 3000 francs au titre de dédit.

La princesse hindoue avait été congédiée pour un motif que le Tribunal jugea illégitime tout en ne donnant pas foi à l’intégralité des griefs que portaient Mata-Hari envers son ancien employeur qui réclamait 5000 francs.
Les danses enivrantes que la mystérieuse et divine créature au charme provoquant produisait sur scène connaissaient pourtant une notoriété auprès d’un public en quête d’exotisme… et de fausse spiritualité bien teintée d’érotisme.
Cet article sorti la veille de Noël 1911 aurait pu signifier la fin de cette notoriété et la plonger dans un quelconque anonymat. L’Histoire lui réservera pourtant un tout autre destin, tragique celui-là puisque en pleine première guerre mondiale, convaincue d’intelligence avec l’ennemi, elle sera, au terme d’un procès bâclé, condamnée à la peine de mort et fusillée au polygone de tir de Vincennes le 15 octobre 1917 : « Tandis qu’un officier donne lecture du jugement, la danseuse, qui a refusé de se laisser bander les yeux, très crâne, se place d’elle-même contre le poteau, une corde, qui n’est même pas nouée, passée autour de la ceinture… Le peloton d’exécution, composé de douze chasseurs à pied, quatre soldats, quatre caporaux, quatre sous-officiers, est à dix mètres d’elle… Mata Hari sourit encore à sœur Léonide agenouillée et fait un geste d’adieu. L’officier commandant lève son sabre : un bruit sec, suivi du coup de grâce moins éclatant et la Danseuse rouge s’écroule tête en avant, masse inerte qui dégoutte de sang… » (Léon Clément Bizard).

P.MAGNERON
